Édition 37

Vers un écosystème compétitif

Après des années de retard, l’écosystème dans lequel évoluent les starters belges arrive enfin à maturité. Une jeune génération de start-up est en plein développement.


Trop de start-up sont amoureuses de leur technologie. Le cœur de notre message? Tombez amoureux de votre client! — @Desmet1WouterWouter Desmet, associé d’EY

La plupart des starters surfent sur les mégatendances des Big Data, de l’Internet des objets, de l’intelligence artificielle et de l’internet mobile. L’innovation est désormais beaucoup plus accessible. Pensez à Uber et Airbnb, devenus leaders de leur secteur en quelques années après être partis d’une page blanche.

Le paysage européen des start-up reste concentré dans les grandes villes. "Londres, Stockholm, Berlin, Helsinki et Paris sont les hubs d’innovation les plus connus", affirme Karen Boers (Startups.be). "Les starters y trouvent un écosystème compétitif avec des centres de connaissance, des incubateurs, des accélérateurs et du capital-risque. De grands noms comme Google et Microsoft y investissent. De nombreuses success-stories s’y sont écrites ces dernières années."

La Belgique affiche une mentalité plus conservatrice. Notre enseignement se focalise à l’excès sur la production de spécialistes pour de grandes entreprises. Et en raison de nos trois systèmes régionaux, le paysage est très fragmenté. Pas de masse critique, pas de réseau réellement fonctionnel, peu d’acteurs privés.

Nous avons néanmoins comblé notre retard ces trois dernières années. Et les entrepreneurs occupent davantage le devant de la scène. "De grands acteurs comme Telenet, Microsoft, plusieurs banques et EY ont fait œuvre de pionniers", estime Bruno Wattenbergh (EY).

L’évolution est particulièrement impressionnante à Bruxelles, Gand et Anvers. On y découvre un tissu compétitif d’incubateurs privés et d’accélérateurs. Les investisseurs suivent, plusieurs fonds sont désormais matures. Avec, en outre, un cadre légal solide et le tax-shelter. Le défi actuel pour la Belgique? Consolider ce mouvement en un écosystème dynamisant.

Les millennials, ces fameux "GenYers" nés entre 1981 et 2000, y trouvent naturellement leur place. Parce qu’ils préfèrent ne pas se lier trop longtemps à une entreprise, la start-up constitue pour eux l’aventure idéale. "L’entrepreneuriat redevient ‘cool’", sourit Wouter Desmet (EY). "L’idée du ‘failing forward’ y est cruciale: c’est en tombant et en se relevant qu’on apprend. Les investisseurs font lentement preuve d’une plus grande compréhension. Les start-up sont à nouveau à la mode."

Meilleurs écosystèmes numériques pour les start-up:

1 Londres
2 Stockholm
3 Amsterdam
4 Helsinki
5 Paris
Source: EDCI

Les hubs belges pour les start-up:

Gand 105
Anvers 92
Bruxelles 249
Malines 18
Louvain 50
Hasselt 60
Louvain-la-Neuve 45
Liège 36
Mons 12
Charleroi 16

"Les réussites d’entrepreneurs innovants et charismatiques comme Dries Buytaert, l’homme de la plateforme Drupal, et Davy Kestens (Sparkcentral) ont changé les mentalités", affirme Karen Boers. "Pensez aussi à Jeremy Le Van qui a traversé l’Atlantique afin de vendre Sunrise à Microsoft pour 100 millions de dollars."

Ces exemples éclairants dynamisent l’ensemble de l’écosystème. Des starters à succès comme Showpad et Teamleader, qui collectent rapidement beaucoup de capitaux et jouent immédiatement la carte de l’international, marchent dans leurs pas.


L’environnement n’a jamais été aussi favorable aux start-up belges. Les entrepreneurs peuvent à nouveau rêver. — @WATTENBERGHBruno Wattenbergh, Senior Advisor chez EY

Les trois phases du financement


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Phase créative

Priorités:

  • la génération d’idées
  • la génération d’idées
  • le produit minimum viable
  • les premiers clients-pilotes

Financement:

  • Friends, family & fools et business angels

Durée:

  • 9-18 mois

Questions-clés:

  • Le marché a-t-il réellement besoin de mon produit?
  • Est-ce que je bénéficie de l’accompagnement d’un coach de qualité, doté d’une bonne expérience de l’entreprise?

Early growth

Priorité:

  • la conquête du marché local

Financement:

  • Business angels, venture capitalists

Durée:

  • 6-9 mois

Questions-clés:

  • Mes produits sont-ils adaptés à mes marchés?
  • Puis-je poursuivre le développement de mon produit avec des clients payants?
  • Mon modèle d’affaires est-il extensible?

Expansion

Priorités:

  • la conquête du monde
  • les ressources humaines et financières

Financement:

  • Private equity

Durée:

  • 18-36 mois

Questions-clés:

  • La croissance proviendra-t-elle du développement de nouveaux produits ou de la pénétration de nouveaux marchés?
  • La gestion de mes collaborateurs et l’utilisation de mes capitaux sont-elles judicieuses?

Le financement des start-up a lui aussi évolué. Dans une première phase, elles doivent toujours se débrouiller avec leurs fonds propres. Il leur faut se serrer la ceinture et aller le plus loin possible avec les rares moyens dont elles disposent. Puis, si elles envisagent une croissance rapide, les start-up ont besoin non seulement de subventions, mais aussi des capitaux d’investisseurs. Voici une décennie, peu de starters étaient prêts à céder une part du contrôle de leur entreprise en échange d’une croissance rapide. Heureusement, ce conservatisme a disparu.

"Dans la première phase, on a souvent tendance à trop investir dans la technologie", constate Wouter Desmet. "Il faut procéder autrement et confronter son idée aux clients avant même d’avoir un produit fonctionnel." Une start-up qui peut déjà présenter quelques clients intéressés convaincra plus aisément des investisseurs et collectera ainsi les fonds nécessaires pour développer son produit. La trajectoire de financement a changé.

Les starters doivent développer leur réseau le plus rapidement possible. — @karenboersKaren Boers, CEO de Startups.be et l'European Startup Network

Karen Boers

Spécialité belge

En Belgique, nous n’avons pas de spécialité à proprement parler, parce que nous n’opérons pas de choix clairs. Cette situation est imputable en partie à la politique, en partie aux universités. Dans ce contexte, le centre de recherche en nano-électrique Imec fait figure d’exception suite à sa fusion récente avec l’incubateur et spécialiste numérique iMinds. Pour le reste, notre pays se contente de suivre les autres tendances européennes.

Il y a une dizaine d’années, nous avons connu une vague de starters dans les biotechnologies. Un domaine gourmand en capital, très risqué… mais avare en véritables succès. Voilà cinq ans, une nouvelle vague centrée sur les applications mobiles a déferlé sur notre pays. "Trop de petites entreprises ont pensé qu’elles pourraient conquérir le monde avec une app", regrette Wouter Desmet. "Or, atteindre une masse critique de consommateurs coûte très cher. Pour cela, on trouve plus aisément des capitaux aux États-Unis."

À présent, notre secteur le plus performant est la HealthTech, au carrefour de l’informatique et de la santé. Le vieillissement accroît les besoins de soins; le vrai défi consistera à les fournir à domicile. Et dans nos grandes villes, nous disposons d’un écosystème de qualité, avec une offre étendue de services de santé et de centres de connaissance. " Bloomlife constitue un exemple très parlant", souligne Karen Boers. "Via des patches sans fil, la femme enceinte et son médecin suivent la santé du bébé par l’intermédiaire d’un smartphone. Une idée novatrice reposant sur un modèle d’affaires évident."

Les starters belges par secteur:

160

HealthTech

83

Services professionnels

83

IT

50

Développement de logiciels

41

Technologie des médias

37

FinTech

33

HrTech

29

Services aux consommateurs

28

Gaming

27

AdTech

Source: startups.be

Aide à la croissance

  • Les starters doivent entrer le plus vite possible en contact avec les personnes adéquates dans un réseau d’incubateurs, d’accélérateurs, d’investisseurs et de conseillers.
  • Startups.be est le guichet unique par excellence pour les start-up belges. Elle réunit 1.800 starters et 180 instituts spécialisés sur une seule plateforme.
  • Dès le départ, l’entreprise prend une série de décisions stratégiques qui seront déterminantes pour son avenir. Il est donc crucial de bénéficier rapidement des conseils adéquats.
  • EYnovation propose un abonnement permettant aux starters d’obtenir des conseils professionnels aussi souvent qu’ils le souhaitent, sans frais supplémentaires.
  • EYnovation leur ouvre également son réseau. Elle y organise des rencontres lors desquelles des start-up peuvent soumettre leurs idées à des dirigeants de grandes entreprises. Une occasion unique pour les starters, un moment rafraîchissant pour les grands acteurs et motivant pour les collaborateurs d’EY.

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Karen Boers
CEO de Startups.be et l'European Startup Network